2011/semaine 44
Autant vous
avertir de suite, ne perdez pas votre temps à acheter une place pour « Drive »
si vous vous imaginez une grosse production à la « Fast and furious »!
Quittez
immédiatement la file d’attente et faites un autre choix!
« Drive »
est un Objet Visuel Non Imitable, du genre « hybride », à la fois
digne d’un certain cinéma coréen et de ce que les États-Unis comptent parmi les
plus grands réalisateurs.
« Drive »
est un trait de génie du danois Nicolas Winding Refn qui signe là un tournant
dans son répertoire filmographique et offre, du même coup, à Ryan Gosling (personnage
principal du film) le rôle majeur de sa carrière… parions-le!
Silence…
moteur… action!
C’est la
nuit…
Les images
démarrent sur un homme de dos, il a ce blouson étrange, un scorpion y est brodé;
il tient d’une main un téléphone mobile, les yeux rivés sur une fenêtre qui
pourrait être celle d’une chambre d’hôtel ou de son appartement, il entretient
un mystérieux interlocuteur des règles qu’il entend imposer avant d’accepter un
« job »…
De quoi
parle-t-il?
Qui est-il?
Cet homme
est un homme ordinaire, c’est votre voisin ou votre collègue de travail.
La journée,
il exerce le dangereux métier de cascadeur « automobile »; la nuit,
il se livre à une autre activité, tout aussi dangereuse, pilote pour bandits « de
grand chemin », avec perfection, loyauté et comme code de conduite absolu de
ne jamais s’impliquer autrement qu’au volant… serment que rien ne saurait
rompre.
Il est
calme, il a des gestes sûrs, il parle très peu, il est talentueux, il est le
meilleur… un véritable samouraï de la route.
Il ne semble
pas avoir d’amis ou de famille, son seul « proche » est celui qui lui
trouve ses contrats, pour le jour et la nuit, un garagiste boiteux.
On devine qu’il
a fui une ville, un endroit… quand, pourquoi?
Derrière cette
façon invariable qu’il a de mâcher un cure-dent, cette mélancolie qui se dégage
de lui, il cache quelque chose, c’est certain… mais quoi?
Ce
« driver » là va nous révéler qu’il est aussi un redoutable guerrier
à la violence immédiate et implacable.
Pour un
amour qui ne dit pas son nom, il va rompre son serment et transcender la mort,
dans une tranquille acceptation de l’inévitable.
Ni franchement
voyou, ni véritable gangster, êtes-vous prêts, vous, à accepter l’idée qu’il puisse
être un héros?
Un élément
sonore comme emprunté à un jeu électronique d’une autre époque…
Des notes
puissantes et mélodiques d’un synthétiseur virtuel…
Un rythme
subtil et langoureux…
Une voix suave,
féminine et planante…
C’est ainsi
que se termine « Drive », que commence la chanson « A Real Hero »,
le « hit » de la formidable bande-son « retro futuriste »
qui accompagne ce film.
Éloge de la
lente plongée psychologique, plus que culte, « Drive » est d’ores et
déjà un classique, tant pour les images que pour la musique.
http://soundcloud.com/college/college-feat-electric-youth-a-real-hero
Illustration:
http://gamma724.deviantart.com/art/Drive-Film-Poster-259060610
http://soundcloud.com/college/college-feat-electric-youth-a-real-hero
Illustration:
http://gamma724.deviantart.com/art/Drive-Film-Poster-259060610





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